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La nécessité des infrastructures vertes

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Aujourd’hui, avec l’urbanisation croissante, les modifications des espaces, … on assiste à une fragmentation des habitats et à une perte de la biodiversité. Selon des statistiques récente de l’Agence européenne pour l’environnement, dans les années quatre-vingt-dix, 8000 km² ont été bétonnés et 15 000 km de nouvelles autoroutes ont été construite dans l’UE.

Afin de maintenir la biodiversité, il faut permettre aux espèces de circuler d’un espace à l’autre, notamment les espèces migratrices.

 

Les espaces les plus importants en Europe sont protégés par le réseau Natura 2000, qui couvre 18% du territoire de l’UE. Ce n’est cependant pas une solution à long terme. Il faut aussi se pencher sur le reste du territoire et sur les connexions entre les espaces naturels existants. En effet, les écosystèmes, qui dépendent de la diversité des espèces qui les composent, nous sont très utiles : ils nous protègent des inondations, sont primordiaux dans la lutte contre le changement climatique, …

L’infrastructure verte est une des réponses de l’Union Européenne à ce problème, et un des objectifs majeurs de la Stratégie paneuropéenne pour la protection de la diversité biologique et paysagère. Son but est d’aider à relier les espaces naturels existants et d’améliorer la qualité écologique de la nature environnante. Elle permet de conserver et gérer les écosystèmes, les habitats, les espèces et leur diversité génétique, dans une perspective de développement durable. Le réseau écologique paneuropéen (REP) doit être mis en place par les Etats membres, avec le soutien de l’Union, pour promouvoir les infrastructures vertes.

Cette approche permet de laisser la place à la nature par une approche plus intégrée de l’occupation des sols, par exemple en définissant des « zones multifonctions », caractérisées par une utilisation variées des sols sur un même espace (agriculture, foresteries, …), ce qui favorise les écosystèmes sains et diversifiés. En pratique, il s’agit surtout d’envisager l’aménagement du territoire de manière plus intégrée, en réunissant les différents acteurs pour qu’ils discutent et collaborent. Cela permet d’éviter que de nouvelles infrastructures ne se créent dans des sites sensibles, de relier les espaces existants (écoducs, pierres de gué…).

Selon la déclaration sur le réseau écologique paneuropéen, lors de la cinquième conférence ministérielle de Kiev de 2003, la mise en place de ce réseau est aussi un moyen « d’encourager le rapprochement des peuples d’Europe, d’intensifier la coopération transfrontière, de renforcer la cohérence écologique transfrontalière et de contribuer à la préservation des écosystèmes naturels, ainsi que du patrimoine naturel, culturel et paysager ».

C’est en 2010 que la Commission et le Conseil européens ont reconnu que le réseau Natura 2000 préexistant, était trop éclaté et manquait de cohérence. Il a donc évolué pour intégrer comme nouvelle priorité la mise en place d’une infrastructure verte et les investissements nécessaires.

En bref, le Conseil de l’Europe est chargé de restaurer et de protéger un réseau cohérent d’éléments éco-paysagers (zones noyaux, corridors, zones à restaurer, zones tampons), et les Etats membres doivent cartographier et évaluer un réseau écologique national. Le but n’est pas de conserver des espèces en les confinant dans des réserves naturelles, mais de veiller à ce que les espèces puissent vivre dans leur habitat naturel. Les Etats, en particuliers ceux d’Europe de l’Ouest, ont pris beaucoup de retard, ne serait-ce que pour cartographier leur territoire. Le Conseil pour la stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère a donc dû les rappeler à l’ordre en 2007, constatant la gravité de la situation écologique en Europe. Pour l’instant, peu de projets concrets ont été mis en place. Les pays d’Europe centrale ont été plus nombreux à s’investir dans le réseau européen.

Les infrastructures vertes sont donc un des moyens de protéger l’Europe et les autres continents contre les inondations, les changements climatiques, la pollution. Cela permet de stocker l’eau, de fixer le CO2… Les enjeux liés à l’eau et à l’environnement peuvent trouver des réponses du côté des infrastructures vertes. Cependant, il faut d’abord que les Etats et les institutions locales s’y engagent. Ils doivent d’abord combler leur retard, puis s’investir réellement. Nous pourrons ainsi affronter l’avenir avec une meilleure perspective. 

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